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La naissance d’une rose par hybridation naturelle est une grande récompense pour un jardinier. Lorsque j’ai découvert cette rose en fleurs dans un recoin du jardin le 2 mai dernier, ma première réaction fut de chercher dans ma mémoire. Avais-je acheté une rose ou participé à un échange de boutures de roses l’année précédente ? J’étais presque certaine de n’avoir fait ni l’un ni l’autre. Je n’aurais de toute façon jamais planté un rosier à cet endroit là, déjà bien encombré, et trop proche d’un rosier ancien drageonnant, bien installé depuis des années. La mémoire peut jouer des tours, certes, mais, comme la plupart des jardiniers, je note tout et je suis donc arrivée à la presque certitude que cette rose s’était invitée toute seule.
La rose n’est peut être pas nouvelle et est peut-être déjà répertoriée. Un croisement inédit serait inespéré et je n’ose y croire. Il est vrai que le jardin compte plus d’une centaine de rosiers dont la plupart sont anciens et que mes plates-bandes sont plutôt négligées et toujours nettoyées à la main. Donc, on ne sait jamais ! J’ai interrogé un rosiériste, Pierre Orard, pour savoir s’il y avait moyen d’en avoir la certitude. La réponse très aimable qu’il m’a adressée est la suivante :
« La protection juridique des nouvelles variétés de roses est un domaine finalement assez complexe. Je vais essayer d'être aussi synthétique que possible : il existe deux voies de protection.
1 – La protection par marque commerciale
Vous déposez une marque commerciale auprès de l'INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle), par exemple ‘Clarisselle’. Vous pourrez protéger votre variété nouvelle dès lors que quelqu'un la commercialisera sous la marque ‘Clarisselle’ sans votre accord. Par contre, vous ne pourrez pas empêcher quelqu'un de commercialiser la variété sous une autre marque.
2 – La protection par certificat d'obtention végétale :
Ce titre de protection intellectuelle offre une protection plus complète que la simple marque commerciale. Vous protégez la variété en tant que telle et non pas simplement son nom de vente. Vous pouvez donc contrôler complètement la multiplication et la diffusion de la variété, quelle que soit la marque utilisée.
Obtenir un COV est un peu plus compliqué car il faut soumettre la variété à des tests réalisés en Allemagne, tests qui prouvent que la variété est nouvelle et originale.
Vous aurez toutes les informations nécessaires sur le site de l'UPOV (Union pour la Protection des Obtentions Végétales) ».
Tout cela est un peu compliqué et, comme je ne recherche aucun intérêt commercial, j’ai décidé de baptiser ma rose ‘Clarisselle’, du nom de mon jardin. Le mystère demeure !
Pour mes amis les animaux, insectes et papillons, habitants du jardin et pour tous ceux et celles qui respectent la nature. Claude.
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