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Jardiner "bio"

Mardi 10 février 2009


Photo ci-contre:       Les choux des jardins de Villandry sont -ils aussi bons que beaux?

 

Les médias ne tarissent pas d’éloges sur les bienfaits du chou et il suffit de taper « chou » sur internet pour trouver une liste impressionnante de maladies pour lesquelles manger du chou est un remède. Oui mais... encore faut-il que votre chou soit exempt de tout adjuvant nuisible pour la santé car si je renforce par le chou mes défenses immunitaires et que je m’empoisonne par la même occasion, le remède peut s’avérer pire que le mal. Si j’aborde ce problème à propos du chou, c’est que moi même, bien avant d’avoir un jardin, j’ai succombé autrefois aux charmes du chou sans me douter qu’un si beau et si simple légume était en fait l’un des plus difficiles à cultiver et que sa beauté pouvait cacher des vices. Plus un chou est beau, plus il est suspect. Et pourquoi donc ?

La réponse se trouve dans mes questions : pourquoi, depuis plus de 10 ans que je cultive mon jardin est-ce le seul légume que je n’ai jamais réussi à faire pousser de façon naturelle ? Pourquoi, ayant tenté chaque année avec acharnement de faire pousser toutes les variétés possibles de choux n’ai-je jamais obtenu les beaux choux dont je rêve et que je vois par ailleurs dans la plupart des jardins ? Pourquoi, même en ramassant les chenilles à la main, me suis-je toujours retrouvée avec des chous en dentelles ? Parce que je suis une jardinière nulle !

Peut-être aussi tout simplement parce que je n'utilse aucun produit et que dans un environnement naturel où la biodiversité est préservée, il est impossible d’empêcher les piérides de pondre leurs centaines d’oeufs et impensable d’en interdire l’accès aux punaises, suceuses de sève. La pièride du chou est partout, surtout dans un jardin ouvert sur la campagne!


Que faire
 ? Aller cultiver mes choux en ville ?  Les sites de jardinage bio préconisent l’emploi de roténone (substance d’origine naturelle que l’on pulvérise sur les choux). Je vous avoue l’avoir essayé en désespoir de cause mais l’avoir regretté aussitôt. Pour obtenir une véritable efficacité il faudrait passer son temps le nez au ras des choux et ne pas lâcher le pulvérisateur. De plus, si l’on a la curiosité de se documenter sur la roténone, on ne peut qu’être sceptique sur son absence de nocivité. Certains la soupçonnent d’entraîner des maladies graves comme la maladie de Parkinson. Dans ce domaine, je préfère appliquer le principe de précaution et penser qu’il y a toujours une part de vérité dans un mensonge. Et de toute façon, ce produit, même s’il est d’origine végétale et même s’il est autorisé en agriculture bio, est nocif pour tous les insectes et animaux qui entrent à son contact, vers de terre, coccinelles, abeilles, etc...

L’autre traitement préconisé est la pulvérisation de « bacillus thuringiensis » qui empêcherait les chenilles de se nourrir. Alors là, je pose encore d’autres questions : qu’arrive t-il aux oiseaux qui mangent ces chenilles et absorbent eux aussi ce produit ? Les insectes utiles sont-ils épargnés ? Existe t-il un produit miracle qui puisse être parfaitement sélectif, viser le nuisible et rien que lui, et s’évaporer dans la nature sans laisser de trace ?

Si vous connaissez la réponse, elle m’intéresse. Et si vous parvenez à avoir de beaux choux sans insecticides, soyez généreux et donnez moi votre secret !

 

P.S :  Je ne renonce quand même pas à cultiver des choux totalement bio car je suis têtue. J’essaie de trouver une astuce pour les faire pousser à l’abri des prédateurs. Pourquoi pas des cloches à choux en grillage fin ? Expérimentation en projet !

 

Summary : this article is about how to grow cabbage without any pesticides. I just wonder if this is possible as I have been trying to do so for 10 years without any satisfying results. I am also very skeptical about the innocuousness of Rotenone, a pest killer which is allowed in bio agriculture. How can it kill some insects specifically without having any impact on the others ? Is it safe for us ? I have read that safety is not guaranteed.

 

 

Par claude lasnier
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Lundi 19 mai 2008

Au jardin, j’utilise ces deux techniques. En fait, quelle différence y a t-il entre le « bois raméal fragmenté » et le « paillis » ? Dans le cas du BRF, les végétaux sont broyés dès qu’ils sont coupés et étalés à même le sol. Ce broyat composé de bois et de feuillages frais est riche en nutriments et va enrichir le sol tout en limitant la prolifération des mauvaises herbes. Encore faut-il avoir le broyeur à disposition en permanence et broyer tout ce que l’on coupe au fur et à mesure. C’est ce que je faisais jusqu’à ce que l’on me vole le broyeur, qui, pour être à ma disposition à tout moment, était sous mon abri de jardin avec juste un petit cadenas. Désormais, le broyeur est enfermé et sort moins souvent. Le tas de branchages s’accumule et je broie davantage de bois sec.

En fait, tout est bon pour réaliser un paillis à l’exception des déchets de conifères.

Mon jardin fonctionne en circuit fermé et tout, absolument tout y est recyclé. Tout ce qui vient du sol retourne au sol et donc le sol ne s’appauvrit pas. Le paillage du sol, quelque soit la technique adoptée favorise la production d’humus, limite le lessivage du sol en cas de forte pluie et conserve à la terre sa fraîcheur en cas de sécheresse.


Comme on peut le constater sur la photo, les fèves se portent bien et n'ont subi ni traitement, ni apport extérieur d'engrais. A la fin de l'automne, tous les déchets du potager ont été broyés et déposés sur le sol jusqu'au printemps.

. Dans les espaces non cultivés, je ne dépose jamais mes déchets directement sur le sol mais sur une bâche spéciale laissant passer l’air et l’eau. L’avantage est que, en retournant la bâche après décomposition des végétaux broyés, je n’ai pas besoin de bêcher le sol . La couche de terreau se dépose au sol. Et je recommence ainsi indéfiniment ce processus saison après saison. J’obtiens ainsi un sol souple et riche très semblable à celui que l’on voit en forêt. Au potager, cette même technique est utilisée pour tous les espaces non cultivés le temps d’une saison et les lieux de passage.

Pour en savoir plus sur le BRF : http://brfdelarbreausol.blogspot.com/

 

 

Par claude lasnier
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Dimanche 13 avril 2008

 


Lorsque le jardin est grand et que l’on se refuse à utiliser des herbicides, les seules alternatives pour éviter l’invasion des « mauvaises herbes » et limiter la corvée du désherbage manuel sont le paillage du sol et l’utilisation de couvre-sols. Cela ne règle pas tout mais cela réduit considérablement le travail du jardinier.

J’ai mis du temps à observer quelles plantes étaient les plus adaptées à mon sol et surtout quelles étaient les plus accommodantes et les plus faciles à contrôler. Pas question de remplacer une plante invasive par une autre si elle est aussi indisciplinée et surtout moins jolie que la première.

Dans ma terre argilo-calcaire lourde et humide, les plantes indigènes qui me posent problème sont la potentille, le bouton d’or et le chiendent car difficiles à extirper lorqu’ils sont installés.

J’ai donc choisi deux plantes couvre-sol que j’ai multipliées par division et plantation en ligne au potager afin d’obtenir un grand nombre de plants. En l’espace de trois saisons et à partir d’un seul plant de chaque variété j’ai pu ainsi obtenir suffisamment de plants à installer

Voici le résultat avec l’ajuga reptans, d'un très beau bleu que j’ai mis en concurrence avec la potentille le long de ma rangée de groseilliers. Pour les espaces autour des rosiers et arbustes à fleurs, j’ai opté pour le géranium macrorrhizum qui est très joli, très décoratif, très épais et très facile à contrôler. Quant au chiendent, il a disparu des zones du jardin qui ont été bêchées et qui,  paillées année après année, sont maintenant humifères. Il est toujours présent dans les zones de prairie où le sol est compacté et humide mais l’herbe y est régulièrement tondue. Il faut juste faire attention au contrôle des bordures des zones plantées de vivaces.


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Mercredi 20 février 2008

Jardiner bio sans aucun produit, même d’origine naturelle est une gageure.

 Qui voudrait acheter un chou pareil, aux feuilles à moitié mangées par les chenilles et les limaces ?

Et pourtant, une fois nettoyé et débarrassé de ses feuilles abimées, c'est un délice!

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Jardiner 100% bio dans son propre jardin est la seule garantie de pouvoir manger des légumes et fruits totalement sains ...enfin, à la condition que la pollution atmosphérique ne vienne pas tout gâcher. Là, malheureusement, la parade est difficile.

Pourquoi refuser d’utiliser les pesticides d’origine naturelle agréés par l’agriculture biologique ?

Tout simplement parce que le fait d’être d’origine végétale ne rend pas ces produits inoffensifs pour autant.

 

 La bouillie bordelaise, le pyrèthre, la roténone sont néfastes pour l’environnement. La roténone n'est pas un insecticide anodin. Les coccinelles et les insectes pollinisateurs en font les frais. De plus, son innocuité pour l’homme ne semble pas avoir été démontrée et nos voisins anglais ont décidé de l’interdire ( à partir de septembre 2009) par principe de précaution. En France, l’agriculture bio n’interdit que les produits phytosanitaires de synthèse et la roténone est largement utilisée. De quoi s'inquiéter!

 

Des articles à lire à ce sujet : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article692 (« ...le caractère naturel des pesticides autorisés en AB ...n’exclut pas pour autant leur toxicité potentielle pour l’Homme ... »)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rot%C3%A9none ( « L’utilisation sans cesse croissante et banalisée de la roténone coïncide avec l’augmentation de cas de maladie de Parkinson »)

 


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Mercredi 16 janvier 2008
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Jardiner "bio" n'est pas une mince affaire. A peine avez-vous planté quelque chose dans votre jardin que les prédateurs rappliquent: taupes, mulots, limaces, escargots, punaises, pucerons, criocères, cétoines, chenilles, merles, étourneaux...
J'en ai sûrement oublié mais si vous découragez déjà ceux-là, vos plantes, fruits et légumes auront peut-être une petite chance de s'épanouir. Ajoutez le fait que tous les champs autour de vous sont traités et que tout ce petit monde se précipite dans votre jardin "bio" qui est un refuge idéal.
Voilà donc la seule solution pour le jardinier bio: éliminer les ennemis ou les décourager (de préférence), sans utiliser aucun pesticide
Pour connaître mes solutions, lisez mon article "le jardinier malin".
Par claude Lasnier
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