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Jardin littéraire

Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 19:41

Instant de poésie pour célébrer l'arrivée du printemps.

 

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Camélia et pâquerette – THEOPHILE GAUTIER  (extrait de «  Emaux et Camées »)

 

On admire les fleurs de serre

Qui  loin de leur soleil natal,

Comme des joyaux mis sous verre,

Brillent sous un ciel de cristal.

 

Sans que les brises les effleurent

De leurs baisers mystérieux,

Elles naissent, vivent et meurent

Devant le regard curieux.

 

A l’abri de murs diaphanes,

De leur sein ouvrant le trésor,

Comme de belles courtisanes,

Elles se vendent à prix d’or.

 

La porcelaine de la Chine

Les reçoit par groupes coquets,

Ou quelque main gantée et fine

Au bal les balance en bouquets.

 

Mais souvent parmi l’herbe verte,

Fuyant les yeux, fuyant les doigts,

De silence et d’ombre couverte,

Une fleur vit au fond des bois.

 

Un papillon blanc qui voltige,

Un coup d’œil au hasard jeté,

Vous fait surprendre sur sa tige

La fleur dans sa simplicité.

 

Belle de sa parure agreste

S’épanouissant au ciel bleu,

Et versant son parfum modeste

Pour la solitude et pour Dieu.

 

Sans toucher à son pur calice

Qu’agite un frisson de pudeur,

Vous respirez avec délice

Son âme dans sa fraîche odeur.

 

Et tulipes au port superbe,

Camélias si chers payés,

Pour la petite fleur sous l’herbe,

En un instant, sont oubliés.

 

Par claude lasnier - Publié dans : Jardin littéraire - Communauté : les gens heureux à la campagne
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 10:43

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Ci-dessus, les fleurs de l'amandier dans le ciel bleu de ce premier jour du printemps.

 

 

 

Premier sourire  du printemps ( Emaux et Camées – Théophile Gautier)

 

 

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rit, malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.

 

Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort,

Il repasse des collerettes

Et cisèle des boutons d’or.

 

Dans le verger et dans la vigne,

Il s’en va, furtif perruquier,

Avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l’amandier.

 

La nature au lit se repose ;

Lui, descend au jardin désert

Et lace les boutons de rose

Dans leur corset de velours vert.

 

Tout en composant des solfèges,

Qu’aux merles il siffle à mi-voix,

Il sème aux prés les perce-neiges

Et les violettes aux bois.

 

Sur le cresson de la fontaine

Où le cerf boit, l’oreille au guet,

De sa main cachée il égrène

Les grelots d’argent du muguet.

 

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,

Il met la fraise au teint vermeil,

Et te tresse un chapeau de feuilles

Pour te garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite,

Et que son règne va finir,

Au seuil d’avril tournant la tête,

Il dit : « Printemps, tu peux venir ! »

 

 

 

Par claude lasnier - Publié dans : Jardin littéraire - Communauté : jardin au fil des saisons
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