Le jardin de Clarisselles ferme pour quelques jours, le temps de trouver la cause de la panne d'internet qui a rendu ce blog muet depuis quelques jours et aussi parce que la jardinière a besoin
de souffler un peu. Pendant ce temps, le jardin vit sa vie, sans arrosage, sans jardinier, sans personne pour déranger les oiseaux. Les ronces vont s'en donner à coeur joie et le jardin sera une
véritable jungle. Il faut juste s'assurer que la débroussailleuse sera opérationnelle au retour! Bonnes vacances à tous et à bientôt.
par claude lasnier
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Le jardinier voyageur
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Association improbable, pari risqué du jardinier qui s’aventure à mettre ensemble des plantes d’horizons
différents dans un terrain peu propice et sous un climat très différent du milieu d’origine. C’est la magie du jardin. On musarde d’une plante à l’autre et là en quelques secondes et
quelques pas, on change de continent. En l’occurence, dans mon jardin, trente centimètres seulement séparent le Romneya coulteri, américain
(Californie), du glaïeul, plutôt africain et de
l’hemerocalle chinois ou japonais. Une plante commune côtoie une plante plus rare et surtout plus difficile à acclimater. Le Romneya est une plante
capricieuse. A tel point que j’ai dû la ramener d’Angleterre. Après l’avoir demandée à plusieurs pépinièristes d’une foire aux plantes rares de ma région, un seul m’a avoué la posséder
mais n’a pas voulu prendre le risque de me la vendre, de peur sans doute d’avoir des réclamations en cas d’échec. Eh bien, pari gagné ! La voilà qui fleurit pour la troisième année. Le pied
est bien installé et n’a reçu aucune protection cet hiver. Le secret de cette réussite ? Je l’ai planté sur l’épandage de ma maison, donc pour le drainage, il n’y a pas mieux : des
couches de cailloux et de sable et de la terre en surface. Si je l’avais planté à 2 mètres de là dans ma terre argileuse gorgée d’eau l’hiver, l’échec aurait été
inévitable.
Le Romneya pousse dans les canyons de Californie, dans des endroits secs et chauds.
Il ressemble à un pavot avec ses pétales de « papier crépon » blancs. C’est une plante très ornementale et son feuillage vert tendre
contraste à merveille avec le blanc immaculé de ses corolles.

De gauche à droite: Hemerocalleis "Flore pleno", Hemerocallis "Bess Ross", Romneya coulteri.
Très décevant dans un premier temps, cet hélénium commandé il y a quelques années chez Thompson et Morgan, se révèle aujourd’hui plein de qualités. Sa fleur bizarre en forme de sucette (lollipop en anglais) et aux tons jaune et
bronze sur de longues tiges enchevêtrées la rend originale et plutôt attractive à condition de la cultiver en groupe.
La plante isolée, trop discrète, ne se remarque pas. La fleur est très décorative en bouquets et a la rare qualité d’avoir une longue floraison, du début juillet
jusqu’à septembre. Pour la mettre en valeur j’ai choisi de l’associer à d’autres « sucettes » mais piquantes celles là, des Echinops ritro, chardons aux fleurs rondes bleutées,
également de grande longévité. Voici au moins un parterre qui résistera aux fortes chaleurs de l’été !


Commencer une collection de lis peut mener loin puisqu’il existe environ une centaine d’espèces
botaniques en Europe, Sud de l’Asie, Philippines et Amerique du Nord. Les hybrides sont aussi innombrables et tous aussi beaux les uns que les autres. Pour ma part, j’en
cultive une dizaine de variétés et c’est bien assez car, comme les dahlias, les lis demandent du soin et de l’attention. Toutes les variétés ne sont pas résistantes au gel et la plupart
apprécient un sol léger, bien drainé, riche en matières organiques, à PH neutre ou acide. Les lis aiment le soleil mais préfèrent avoir les pieds à l’ombre. Il
leur faut une exposition chaude et abritée. Leurs tiges sont en général très hautes et souples. Des tuteurs sont donc indispensables pour que les tiges ne se cassent pas sous le
poids des fleurs parfois énormes.
Toutes ces exigences sont difficiles à satisfaire dans un jardin comme le mien au terrain argileux gorgé d’eau l’hiver et subissant
des gelées parfois sévères. Pour les variétés non rustiques * j’ai donc fait le choix de cultiver les lis en pots et en serre froide l’hiver. Les bulbes sont ainsi
conservés dans un bon terreau légèrement humide tout l’hiver et placés dans un lieu abrité, chaud et ensoleillé au printemps jusqu’à la floraison qui débute vers la
mi-juin. Cultivés en pots, ils peuvent ensuite être placés à l’endroit choisi, à l’intérieur de la maison ou dans le jardin (le pot est alors simplement enterré et reste en place jusqu’à
l’automne). Cette petite « tricherie » me permet de conserver mes lis facilement d’une année sur l’autre. C’est d’autant plus facile que les lis se contentent d’un petit pot.
*Les
variétés rustiques les plus connues sont Lilium henryi, Lilium martagon et Lilium regale. Dans mon jardin , le Lilium regale est cultivé à l’extérieur et ne demande aucun soin sinon la
surveillance des attaques de criocères au tout début du printemps.
En photo: Lilium Pink Perfection, variété hybride dérivée d'espèces asiatiques. Les fleurs en forme de trompettes sont très grandes et
très odorantes.

L’astilbe
est une plante qui aime l’eau et c’est au bord de la mare dans un terrain détrempé que celle-ci prospère sans aucun soin depuis plus de 6 ans. C’est une
plante vivace à rhizomes très rustique qui ne demande aucun soin particulier ni protection l’hiver mais qui exige que le sol soit toujours humide.
. L’astilbe fait partie de la famille des Saxifragaceae et vient du Sud Est de l’Asie et d’Amérique
du Nord.
Ses fleurs duveteuses sont très décoratives dans les bouquets mais ne durent pas très
longtemps.
La variété présentée sur la photo est probablement un hybride, peut-être « Venus » mais je n’en suis pas certaine.
Elle est accompagnée d’un géranium vivace qui, en principe, préfère les sols plus secs mais il faut reconnaître qu’en matière de
jardinage il n’y a pas de règle absolue et que cette association méritait d’être tentée, ces deux plantes faisant malgré tout bon voisinage.
Que fait un jardinier quand il est en vacances ? C’est plus fort que lui, il va visiter d’autres jardins et voir ailleurs ce
qu’il n’a pas chez lui !
Donc... le chemin des vacances passait par Brest et son Conservatoire Botanique.Le Conservatoire Botanique de Brest fait partie d’un réseau de conservatoires mis en place en 1988 par le
Ministère de l’Environnement pour sauvegarder les espèces végétales menacées.
Le site d’une ancienne carrière à Brest a été transformé en un immense vallon de 40 ha constitué d ‘un jardin public et d’un
conservatoire qui occupe 23 ha avec des serres d’exposition et de multiplication.Cet endroit
bénéficie de conditions climatiques idéales, avec des températures comprises entre 4° et 20° et une pluviométrie très favorable.
Une équipe de scientifiques assure la
mission d’entretenir et de multiplier une importante collection de plantes en voie de disparition provenant non seulement du Massif Armoricain mais aussi de toute l’Europe et des
îles du monde entier. Les plantes menacées sont multipliées pour être envoyées vers d’autres conservatoires, jardins botaniques
ou sites naturels d’origine.
Sa mission est également internationale et s’inscrit dans le cadre des programmes internationaux de
préservation des milieux naturels et des espaces menacés.
Inutile de dire que je ne connaissais aucune des
plantes exposées, dont certaines ont littéralement disparu de leur habitat d’origine. Ce fut une visite passionnante, instructive et pleine de surprises.
L’une de ces surprises fut cet
« Aristolochia gigantea » originaire du Brésil (photo ci-dessous).
par claude lasnier
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Le jardinier voyageur
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Au repos sur une feuille de crocosmia, ce Melanargia galathea est communément appelé
« Demi-deuil » en raison de sa couleur moitié noire, moitié blanche. Il n’a pas été difficile à photographier car son vol est lent et il se pose souvent. Il
affectionne les lisières de forêts et les haies. Je l’ai suivi patiemment de fleur en fleur et d’herbe en herbe. Sa chenille se nourrit de
graminées.
par claude lasnier
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Les habitants du jardin
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C’est un spectacle éphémère mais tellement réjouissant ! La floraison des rosiers anciens est courte mais intense. C’est un vrai feu d’artifice ! Je vous livre ici le tableau romantique du rosier Pat Austin émergeant de la
masse exubérante d’un rosier ancien à petites fleurs roses. La vogue de la rose ancienne est toujours d’actualité car leur beauté et leur
romantisme est inégalable. Mais il faut reconnaître que les variétés anglaises que David Austin a fait naître en hybridant des variétés
anciennes sont magnifiques. Les tiges du rosier Pat Austin s’arquent sous le poids de ses fleurs généreuses et se mèlent harmonieusement au foisonnement
désordonné du rosier pompon.
Cette année, la floraison de la lavande a coïncidé exactement avec le passage à l’été.
L’allée de lavandes commence à embaumer et à attirer les abeilles car c’est une plante très
mellifère. J’ai choisi de border de lavandes cette étroite allée pour que le promeneur ait le plaisir de frôler les fleurs en s’y promenant. Leur
parfum est rafraîchissant et captivant lorsque le soleil darde ses rayons. C’est à la mi-journée, lorqu’il fait le plus chaud que papillons, abeilles et
bourdons s’y retrouvent en grand nombre. Déjà du temps des Romains, la lavande était cultivée pour son parfum et servait à parfumer le linge. Ses fleurs
séchées mises en sachets sont souvent utilisées pour parfumer les armoires et dissuader les mites de s’y installer.
La lavande de cette allée est en place depuis une dizaine d’années. Pour la conserver, je prends soin de la
tailler après la floraison sans jamais tailler dans le bois sec. Il faut toujours tailler dans les pousses vertes en suivant la forme de la plante.

Un géranium vivace se mélange aux fleurs de lavandes. Celles-ci contrastent avec le jaune vif des Lysimachia punctata et le jaune orangé du rosier anglais de David Austin
"Crown Princess Margareta".
Pour information: le fief de la lavande en France est la Provence. La ville de Sault organise chaque année une fête de
la lavande qui se tient le 15 août.
par claude lasnier
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Planifier et choisir.
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J’ai découvert cette plante dans le jardin clos de KEW à Londres, en Angleterre. Je me rappelle être restée plantée là un bon quart
d’heure à l’admirer.
Cette plante,
de la famille des Scrophulariaceae, originaire du Japon, de Corée, du Nord de la Chine et de l’Est de la Sibérie est enfin installée dans mon jardin. Ce n’est
malheureusement pas le même cultivar que celle vue à Kew qui, d’après mes souvenirs était beaucoup plus haute et plutôt bleue.

La
variété présentée sur la photo est installée depuis trois ans et forme maintenant une touffe d’environ 1m30 de hauteur. Elle est associée à un rosier « Gertrude
Jekyll », à des Phaiopses nigricans (sisyrinchium) et à un kitaibela vitifolia qui lui fait un peu d’ombre.
Le Veronicastrum a la particularité d’avoir des feuilles verticillées , en groupe de quatre, cinq ou six naissant au même niveau sur la tige
pour former un cercle. Elles sont lancéolées. J’ai observé que la fleur peut prendre des formes variées. Elles sont tubuleuses mais plusieurs formes peuvent
apparaître comme le montrent les photos.
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